Plonger au cœur du berceau du blues, enfourcher une Harley et remonter le Mississippi comme on remonte le temps. C’est le voyage qu’Éric s’est offert : un road-trip mythique entre Nouvelle-Orléans, Memphis, Nashville, Chicago et la légendaire Route 66. Dans cet échange, il nous raconte son expérience : des gospel enfiévrés aux soirées blues, des bayous aux champs de bataille de la guerre de Sécession, des scènes vibrantes aux routes silencieuses bordées de forêt. Un voyage où l’histoire, la musique et la liberté résonnent à chaque virage.

Pourquoi avoir choisi cet itinéraire « Les Racines du Blues » ?

Je suis client Harley et j’avais repéré ce circuit dans un catalogue West Forever il y a 5–6 ans. Tout y était : la musique, l’esprit américain, la Harley et un tracé mythique (Nouvelle-Orléans, Memphis, Nashville…). J’adore la musique : ce voyage cochait toutes les cases. J’ai longtemps remis à plus tard… puis je me suis dit : c’est maintenant. Mon épouse roule avec moi comme passagère, mais elle travaille encore. C’est elle qui m’a encouragé à partir : « Fais-toi plaisir, tu es en forme ! ». J’avais les moyens, l’envie, et je sais que ce type de roadtrip ne sera pas possible indéfiniment. Alors je suis parti en solo !

Comment décririez vous l’atmosphère du voyage, au fil des routes et des villes ?

Ce voyage est riche et rythmé, sans mauvais jeux de mots. Les journées sont bien ficelées : arrêts carburant, mais aussi pauses « culture » (petits musées, églises, points d’intérêt). On ne subit pas l’horloge même si les briefings sont carrés ! On profite vraiment. Notre guide, Philippe, a été exceptionnel. Il a une culture énorme sur cet itinéraire entre autre (musique, guerre de Sécession, histoire des États-Unis), ses briefings sont passionnants, il a un vrai sens de la sécurité et de la logistique. Ça met en confiance et donne le tempo du voyage. Au début, chacun était en petits îlots (entre amis, région, pays), puis tout s’est mélangé naturellement. Nous avions tous une discipline en roulage, pas d’esprit de compétition, une cohésion simple et agréable. J’ai parfois ouvert, parfois fermé la route : chacun trouvait sa place. On est restés en contact, on roule encore ensemble : une vraie belle rencontre.

Quelles émotions avez-vous ressenti en traversant les grandes villes de la musique ?

  • Nashville : waouh. Une énergie incroyable, la musique partout.

  • Memphis : très émouvant (Graceland, lieux liés à Martin Luther King), concerts, ambiance authentique.

  • Nouvelle-Orléans : dès les premiers pas, la musique à chaque coin de rue, on est plongé dans le bain.

  • Saint-Louis → Chicago : la Route 66, c’est un rêve d’enfant qui se réalise.

Un lieu « hors du temps » qui vous a coupé le souffle ?

La Natchez Trace : des dizaines de kilomètres au milieu de la nature, une route magnifique où l’on roulerait 700 km sans se lasser !
Et un autre

endroit qui m’a beaucoup plu : Vicksburg et les sites de la guerre de Sécession, forts en histoire et en symboles. Les bayous aussi, avec un orage mémorable qui nous a trempés… ça fait partie du jeu !
Les plantations du sud sont, aussi, très bien conservées et mises en contexte. C’est paisible, propice à comprendre les conditions de vie d’alors. C’est une première vraie immersion après la Nouvelle-Orléans et un bon moment d’observation du groupe et des motos.

Des rencontres ou histoires marquantes ?

  • À Pontiac, on a visité un petit musée dédié à l’esprit de la Route 66. Parmi les collections, il y avait une exposition sur les uniformes militaires. C’est là que j’ai rencontré un vétéran de la guerre du Vietnam… qui parlait français. Une discussion inattendue, touchante, durant laquelle il m’a raconté que son père avait fait le débarquement en 1945 et que lui avait combattu au Vietnam. Avant de partir, il m’a offert un petit drapeau américain. Je ne suis pas particulièrement américanophile, mais celui-là, je l’ai gardé : il trône dans mon bureau, chargé du souvenir de ce moment unique.

  • Nous avons aussi rencontré une communauté mennonite absolument incroyable. Ils nous ont ouvert les portes de leur ferme, on a découvert leur mode de vie, leur simplicité, leur accueil… Un moment vraiment à part.

  • Et puis partout, les Américains sont curieux et bienveillants quand un groupe d’Européens débarque à moto.

Quel a été votre moment musical préféré ?

Ça démarre fort à la Nouvelle-Orléans et ça ne faiblit pas : Nashville déborde de musique. On a aussi fait des musées de la musique et, à Chicago, tout le groupe a pris le train pour visiter le musée Harley. Impossible d’en isoler un. Le plaisir, c’est d’être au cœur des lieux où le blues est né : petits musées, bars, scènes, artistes croisés au fil des soirées. Nous avons écouté de la musique presque tous les soirs. A Memphis, j’ai assisté à ma première messe gospel : un moment de partage incroyable, très loin de nos codes austères. J’en garde des frissons (une adolescente de 13–14 ans a littéralement scotché l’assemblée avec sa voix). Ça m’a même donné envie d’en réécouter à Paris.

Pourquoi passer par une agence plutôt que de l’organiser soi-même ?

Pour profiter : pas de logistique lourde, pas d’inconnu (panne, crevaison…), les hôtels (emplacement, standing) et des itinéraires optimisés. Sans oublier le bénéfice d’un « ange gardien » (le guide) en cas d’imprévu. On roule, on regarde, on vit la musique et les paysages, l’esprit léger, sans aucunes contraintes.

Et maintenant ?

Je repars en mai prochain au Japon. J’aime les itinéraires atypiques : Japon, peut-être l’Australie ensuite. L’Ouest américain m’attire moins car je le connais déjà.

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Musique. Histoire. Liberté.

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